DOSSIER: L'intégration scolaire

Dans le cadre de la résivion du Livre Blanc de la ligue des droits de l'enfant nous avons revu le texte sur l'intégration scolaire des enfants cardiaques.

1. Cardiopathies

La plupart des cardiopathies sont curables par la chirurgie dès les premiers mois ou premières années de la vie. Cependant, il existe des cardiopathies complexes et sévères qui sont lourdes de conséquences dans la vie quotidienne des enfants qui en sont atteints.

Certains enfants pourraient être pris en charge de façon personnalisée, car ils sont parfois très vite fatigués, vulnérables aux changements climatiques (par exemple mauvaise tolérance au froid) et dans des cas assez rares soumis à un régime alimentaire sans sel.

2. Conditions d’accueil à l’école


La plupart des enfants cardiaques suivent une scolarité normale tant au niveau des apprentissages que sur le plan physique. Cela dit, on notera par moment (suite à une opération, dans le cas de pathologie complexe ou associée à d’autres problèmes) des besoins plus spécifiques.


Dans certains cas, il faut éviter à l’enfant de monter trop de  volées d’escaliers. On privilégiera une classe au rez-de-chaussée ou accessible par ascenseur ;

L’école et les parents sont de plus en plus sensibles au poids des cartables. Une attention particulière pourra être apportée à l’enfant cardiaque surtout dans la période post-opératoire.


On veillera à trouver des solutions pour les récréations. Les enfants cardiaques peuvent jouer avec les autres enfants mais certains cyanosent très vite au contact du froid ou de l’humidité. Il est alors important de pouvoir les mettre à l'abri après leur avoir demandé comment ils vont.

Certains enfants n'osant pas dire ce qu’ils ressentent, c’est à l’adulte à faire la démarche vers eux. D’où l’importance de l’information auprès du corps professoral.

3. Aide aux soins


Il est essentiel que la prise de médicaments soit autorisée au sein de l’école. Certains enfants ont besoin de prendre régulièrement des diurétiques, des anti-arytmiques, des anti-coagulants et d’autres traitements qui leur permettent de vivre plus facilement. Il est donc nécessaire qu’ils puissent les prendre en classe. Les enfants soumis à un traitement diurétique doivent être autorisés à se rendre aux toilettes.

On veillera aussi à permettre à l’enfant de boire régulièrement de l’eau.

4. Restauration scolaire


On veillera à ne pas forcer un enfant qui a déjà du mal à s’alimenter à cause de sa maladie.

Parfois, l’enfant cardiaque mange lentement, il est bon de prévenir les surveillants pour leur accorder un peu plus de temps pendant le repas.

5. Aides pédagogiques


L’enfant cardiaque n’a pas besoin d’aide pour les apprentissages classiques sauf éventuellement après une absence prolongée liée à une intervention chirurgicale.

Pour la pratique de discipline sportive, il conviendra d’avoir l’avis du cardiologue. La plupart des enfants se limitent eux-mêmes. Le professeur d’éducation physique doit respecter les limites de l’enfant et ne pas le forcer pour les exercices d’endurance.

Pour les activités parascolaires ou des stages sportifs, il y a lieu d’exiger un certificat d’aptitude de la part du médecin (et non un certificat de contre-indication), ainsi que les restrictions à apporter à la pratique des différentes activités physiques. Certaines cardiopathies sont totalement compatibles avec le sport alors que d’autres le contre-indiquent formellement.

Ce qu’il faut retenir à ce propos c’est que le sport est généralement bénéfique pour autant qu’on ne force pas l’enfant et que le cardiopédiatre soit consulté chaque année.

 

•    Lors des sorties scolaires


L’enfant cardiaque a droit, comme tous les autres enfants, à participer aux activités communes de sa classe ou de son école. Il faudra donc accepter qu’un enfant cardiaque se déplace parfois moins vite et on ne le poussera pas à aller plus vite.


•    Classes de dépaysement


L’enfant cardiaque peut, sauf contre-indication, y participer. Il est alors important que l’équipe pédagogique ait tous les éléments nécessaires à une bonne prise en charge de l’enfant : médicaments, ordonnance du cardiologue, numéro de téléphone du cardio-pédiatre, …

On veillera régulièrement à ce que l’enfant puisse se mettre à l’abri du vent ou du froid ou qu’il puisse s’hydrater par temps chaud.


•    Scolarisation en période de soin


Il est important que le contact avec la classe soit maintenu. Afin que la scolarité de l’enfant malade ne subisse aucun retard, un contact entre les enseignants et l’école à l’hôpital est indispensable.

6. Orientation professionnelle


Il faudra éviter une profession exigeant des efforts physiques importants. Cependant, on cherchera toujours à permettre à l’adolescent d’accéder à la profession qu’il s’est choisie et il conviendra d’adapter sa formation en fonction de ce choix.

 

7. Protocole d’intervention en cas d’urgence


Signes à observer :

  • des maux de tête à l’effort,
  • un essoufflement à l’effort ou au repos,
  • des difficultés de concentration,
  • une lenteur de réflexion,
  • une cyanose (bleuissement) de la peau,
  • une pâleur du visage,
  • une transpiration excessive.


Il est important que l’école et les enseignants aient les coordonnées du cardiologue qui suit l’enfant, afin de pouvoir agir au plus vite en cas de problèmes.

Il n’y a pas toujours de signes avant-coureurs de malaise chez les enfants cardiaques. S’il se plaint de maux de tête, s’il a des nausées, il est indispensable de le faire reposer. C’est, en effet, un signe de grande fatigue que l’on constate après un effort suivi. En cas de malaise, appeler le 100 sans hésiter.


D’après la revue Réadaptation° 476 – Janvier 2001 et revu pas l’Association « Nos enfants cardiaques » –septembre 2009